ça tombe bien

Si je peux m’exprimer ainsi, ça tombe bien: le rendez-vous avec notre gynéco est demain et ça tombe bien, parce qu’aujourd’hui, deux jours avant l’arrêt de la progestérone, j’ai eu des saignements abondants.#yaunproblèmeavecmontraitementhormonaldesubstitution. ça fait un long hashtag…

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le rendez-vous

Bon, ça y est. J’ai pris le rendez-vous pour me faire expliquer ces revirements de protocoles et ces indications fumeuses de prises de médicaments sur un mois ( un mois, t’es sérieux ?). Moi, j’aurais préféré qu’on nous réponde par e-mail. (Mais on n’a pas toujours ce que l’on veut… muahahaha!) J’en fait un mini-article, oui, parce que c’est fou ce que « juste » prendre ce rendez-vous a été difficile. Est-on en droit d’espérer qu’au moins on pigera ce qui va se passer ? (A défaut, d’espérer que ça marche, hein…). Bref, sur une durée plutôt longue, on est lancés pour la FIV DO2. Suite au prochain épisode.

en toutes lettres

Vu que j’ai commencé ce blog, autant l’écrire en toutes lettres: Aujourd’hui, je ne vois pas comment on pourrait arriver à avoir un enfant. Comme je le disais plus tôt cet après-midi: je n’arrive pas à imaginer un +, alors une grossesse qui arrive à terme… hum, aujourd’hui, tout ce parcours me paraît complètement sans issue. Je ne pige rien aux protocoles dont on me parle (ce qui pour une vétérane de la PMA est remarquable), je ne comprends pas les e-mails d’instructions des docs et je ne vois pas comment je pourrais arriver à « tenir » toute une grossesse, d’abord nerveusement, mais aussi médicalement (= dans ma tête ribambelle d’idées de trucs qui pourraient foirer …) et tout ça, en plus, soumis à la condition numéro 1 (qu’on aurait déjà tellement de bol de remplir): avoir assez de chance pour obtenir un +.

Si je n’étais pas au bureau, je me mettrais à pleurer directement et sans ambages….

Bref, j’avais besoin de l’écrire… et ça ira sûrement mieux demain.

donc?

Où est-ce qu’on en est ?

On attend (toujours) le début du deuxième cycle de don, sauf qu’à présent on sait qu’on a une donneuse. La date de début de ce cycle reste peu claire parce qu’on a encore un examen à faire et qu’il faudra caler le traitement entre nos différentes obligations pro. Tout ceci a un goût étrange. Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, mais cela fait tellement longtemps qu’on attend que j’ai presque l’impression que tout cela ne me concerne plus. Peut-être que c’est juste de la lassitude, peut-être que c’est toujours et encore une manière de se protéger.

Ces temps, lorsque je croise des enfants ou des bébés, j’ai l’impression que c’est un univers qui ne rencontrera jamais le mien. Je n’ai d’ailleurs, à ce moment-là, aucun sentiment particulier à ce sujet.

J’ai peut-être même presque peur de le faire ce traitement: finalement, on est installés depuis des mois dans une routine qui fait du bien. Une routine sans drames (genre « désolé, on a perdu tous vos embryons », « il y a un problème avec votre endomètre », « ah, le spermo c’est vraiment pire que d’habitude », « désolée, la grossesse n’est pas viable »), sans espoirs finalement aussi, mais dans la mesure où chacun de nos espoirs a été massacré à la hache, cela fait du bien, en fait, de ne pas avoir de folles espérances…. et au fond, peut-être que c’est cela qui se passe pour moi ces temps, je suis bien contente de n’avoir aucun sentiment fort ou violent, juste de la routine…. ça va peut-être vous surprendre, mais je suis du genre à aimer les 10 jours qui suivent le transfert et à regretter amèrement que ce pointe celui où il faut faire la prise de sang. Voire même que je donnerais tout pour ne pas la faire cette prise de sang…Oui, parce que tant qu’on ne me fait pas de prise de sang, tant que je n’ai pas de résultat, je peux me dire que je suis peut-être enceinte… et dans la mesure où la prise de sang est négative dans l’énorme majorité des cas chez nous (comme chez beaucoup d’entre vous, vous me direz…), je préfère ne pas connaître le résultat. En plus, si on pousse le vice raisonnement jusqu’au bout, dans les rares cas où c’est positif, je n’accouche pas à la fin, donc me direz vous, au bout d’un moment, autant rester là où on peut encore croire à quelque chose, c’est-à-dire dans l’attente. Bref, cette petite digression sur mes habituels sentiments post-transfert pour dire qu’en ce moment, j’apprécie qu’il ne se passe rien et je commence à avoir des craintes qu’il se passe des choses…. C’est le monde à l’envers un peu… ou le stade ultime de la protection.

Et vous ? Est-ce que cela vous est arrivé de regarder les bébés des autres en ayant l’impression qu’il s’agit d’une réalité parallèle qui ne vous concerne pas et que tout cela vous est égal ? De souhaiter presque de ne pas avancer dans la pma par peur qu’avancer soit synonyme d’un nouvel échec ? Ou par peur que cet échec signifie la fin de l’espoir, comme évoqué ces jours par p’tites chroniques.

Après la pluie

Aujourd’hui, je pense à notre future donneuse. J’arrive à me réjouir du cycle qui devrait arriver. Je me dis qu’on a de la chance:  on est toujours bien ensemble, on a un utérus, on a encore du budget pour des essais et encore quelques années pour tenter notre chance.

Tout ça mis bout à bout, ça fait au final pas mal de chance.

En général, je vais plutôt bien. J’arrive à mettre de côté cette zone de ma vie qui me fait souffrir. J’arrive à oublier plutôt bien toutes les galères rencontrées et me concentrer sur ce qui se passe dans mon quotidien. La violence des sentiments que je ressens lors d’échecs ou lorsqu’on me rappelle qu’il n’y a aucune justice en ce bas monde, m’apparait comme inconcevable. Comme si j’étais partagée en deux.

Aujourd’hui la citation sous-titre de mon blog me paraît exagérée. D’un côté tant mieux. 🙂 Je m’en vais la changer de ce pas…

 

Commande en ligne

DNLP,

Je ne peux pas écrire « Chère » DNLP, tu ne m’en voudras pas: Cela fait quelques années qu’on se connait, et depuis déjà 5 ans, on peut affirmer avec certitude que tu ne nous porte pas dans ton coeur, ou comment dire, qu’on n’est pas exactement des amis.

Pourtant, Grognasse, nous ne t’avons rien fait.

Tu aimes frapper de manière indiscriminée, très bien. Je ne peux pas t’en empêcher, mais prends un peu la peine de vérifier et tu verras que nous sommes déjà bien oblitérés d’obus. Cela commence à ne plus sembler très aléatoire. Cela m’inquiéterait si j’étais toi. Est-ce que tu as pensé à aller consulter ?

Quoi qu’il en soit, je te remercie de nous lâcher la grappe. Purement et simplement. Si, par hasard, tu aimes les symboles, n’hésite pas à te servir de la nouvelle année qui arrive pour marquer la transition. Cela pourrait te faire un joli marque-page, une grosse pierre blanche pour te souvenir que tu nous as assez emmerdés.

Bon vent!

Winstone

P.S: Par contre, si tu croise SNLG (Sieur Nature le Généreux), envoie-le nous! On n’attend plus que lui pour entamer les fêtes.